En bref
- Maison Sarah Lavoine et David Lucas ont imaginé à Bordeaux un lieu hybride réunissant mobilier, objets, prêt-à-porter et coiffure.
- Installé au 3, place des Quinconces, ce concept store de 460 m² occupe les volumes d’une ancienne banque d’investissement.
- Deux univers distincts sont reliés par un jardin intérieur sous verrière, pensé comme une respiration lumineuse autant qu’un passage.
- Ouvert en mai 2018 et présenté dans la presse en septembre de la même année, le lieu reste un cas d’école d’architecture commerciale où le service devient une expérience spatiale.
| Repère | Ce qu’il révèle du lieu |
|---|---|
| 460 m² | Une surface conçue comme un appartement ample, à parcourir sans sensation de boutique cloisonnée. |
| Place des Quinconces | Une implantation au cœur du Triangle d’Or de Bordeaux, entre monumentalité urbaine et vie commerçante. |
| Verrière et jardin intérieur | Un dispositif qui articule les deux activités tout en distribuant la lumière naturelle. |
| Mobilier, mode et coiffure | Une approche du lifestyle où l’aménagement, l’image de soi et l’usage quotidien se répondent. |
Maison Sarah Lavoine et David Lucas à Bordeaux : un concept store conçu comme un lieu de vie
La place des Quinconces possède une grandeur presque minérale : façades régulières, espace ouvert, circulation dense et monumentalité héritée du XIXe siècle. L’arrivée de la Maison Sarah Lavoine et de David Lucas y a apporté, dès mai 2018, une note plus domestique. Derrière une adresse à la fois centrale et très exposée, le projet ne se contentait pas d’ouvrir une boutique de plus dans le Triangle d’Or bordelais. Il proposait une manière différente de circuler, de regarder, de choisir et même d’attendre.
Le parti pris était simple en apparence : réunir dans un même bâtiment les univers de la décoration, du mobilier, de la mode et de la coiffure. Pourtant, cette cohabitation aurait facilement pu produire un espace fragmenté, saturé d’objets et de signaux commerciaux. Le mérite de ce concept store tient précisément à l’inverse : les activités sont identifiables, mais l’ensemble est composé comme un intérieur habité. D’une pièce à l’autre, l’œil passe d’une assise à un luminaire, d’un miroir à une silhouette de prêt-à-porter, puis à un fauteuil de salon de coiffure sans rupture brutale.
La surface de 460 m² donne à cette mise en scène une respiration rare en centre-ville. Le rez-de-chaussée et l’étage ne sont pas traités comme de simples niveaux de vente. Ils forment une succession d’ambiances, avec une logique proche du grand appartement : des zones plus ouvertes pour l’exposition, des recoins plus feutrés pour s’asseoir ou se faire coiffer, des perspectives qui invitent à avancer. L’architecture commerciale ne cherche donc pas ici à faire consommer vite ; elle organise un temps de flânerie.
Une adresse bordelaise née d’une affinité parisienne
L’histoire du lieu commence à Paris, dans le salon de David Lucas, rue Danielle-Casanova. Sarah Lavoine y accompagnait sa sœur lorsqu’une rencontre décisive s’est nouée autour d’une sensibilité partagée : le goût des lieux incarnés, de l’élégance sans raideur et d’une mise en beauté qui ne se réduit pas à l’apparence. Cette complicité a fini par prendre une forme concrète : créer ensemble une adresse capable de porter leurs deux signatures.
Bordeaux s’est imposée naturellement. David Lucas entretenait déjà un lien professionnel avec le bassin d’Arcachon, où il avait ouvert un salon à l’hôtel Ha(a)ïtza du Pyla, décoré par Philippe Starck. Pour Sarah Lavoine, l’implantation bordelaise représentait une première adresse régionale et un élargissement cohérent de sa maison. La ville offrait alors une scène particulièrement réceptive à la création : patrimoine dense, maisons en pierre, transformation des quais, appétit pour les commerces indépendants et attention renouvelée au design intérieur.
Ce rapprochement n’est pas seulement géographique. Il traduit une idée du lifestyle où l’habitat, le vêtement et la coiffure forment un même paysage sensible. Une personne qui choisit une applique murale peut aussi chercher une coupe qui lui ressemble ; celle qui vient pour une couleur peut s’arrêter devant une table basse ou un tapis. Ces gestes ne sont pas équivalents, mais ils partagent le même désir de se sentir bien dans un environnement choisi.
Un tel principe donne au commerce une profondeur particulière. Dans un parcours classique, la boutique propose des produits et le salon une prestation. Ici, chaque univers nourrit l’autre : le client est reçu dans un décor réel, et la décoration est éprouvée par l’usage quotidien. Les fauteuils, les consoles, les luminaires et les miroirs n’ont pas le statut figé d’objets alignés en vitrine. Ils deviennent les éléments d’un cadre vivant, observé dans le mouvement des visiteurs et dans la lumière changeante de la journée.
Cette composition fait de l’adresse un exemple utile pour les porteurs de projet. L’identité d’une enseigne ne naît pas seulement d’un logo ou d’une couleur de marque. Elle se construit aussi dans la largeur des passages, la présence d’assises, le niveau sonore, la température de lumière et le soin apporté aux transitions. Ici, la sensation de lieu vécu précède presque la fonction commerciale : c’est elle qui donne envie de rester.
Le jardin sous verrière : comment la lumière relie décoration et coiffure
L’ancienne banque d’investissement choisie pour accueillir le projet offrait une structure suffisamment généreuse pour créer deux territoires sans les isoler. Chaque partenaire dispose de sa vitrine et de son langage propre, ce qui préserve la lisibilité de l’offre. Mais le geste le plus important se situe entre les deux : un jardin intérieur sous verrière permet le passage d’un espace à l’autre.
Ce dispositif paraît évident une fois réalisé, alors qu’il concentre plusieurs enjeux d’architecture intérieure. Il organise les flux, apporte une parenthèse végétale dans un bâtiment commercial et, surtout, devient une source de lumière au cœur du parcours. Dans une grande surface traversante, la question ne consiste jamais seulement à capter le jour depuis la façade. Il faut aussi le conduire vers les zones qui, autrement, resteraient secondaires ou artificiellement éclairées.
Une verrière n’est pas un décor : elle dessine un confort d’usage
Dans le cas bordelais, la verrière joue un rôle spatial avant d’être stylistique. Le jardin offre une transition douce entre les meubles et le salon-appartement de David Lucas. Ce passage évite la sensation de franchir une frontière commerciale : l’on ne quitte pas une activité pour entrer dans une autre, l’on traverse un intérieur dont les fonctions se complètent. La végétation participe à cette impression en apportant de la profondeur et une matière vivante sous le verre.
Pour qui réfléchit à une verrière chez soi, l’exemple est éclairant. Une cloison transparente ou une toiture vitrée ne doit pas être ajoutée uniquement parce que le style atelier séduit. Elle doit répondre à une situation précise : faire entrer du jour dans une pièce centrale, relier visuellement deux volumes, conserver une séparation acoustique relative ou donner un point de fuite à un couloir. Dans un commerce comme dans une maison, le bon emplacement est celui qui transforme réellement l’usage.
La qualité de lumière dépend néanmoins de paramètres techniques souvent invisibles. Une verrière orientée au sud ou à l’ouest peut provoquer une surchauffe importante si le vitrage, la ventilation et les protections solaires ne sont pas pensés ensemble. La transmission lumineuse indique la proportion de lumière visible qui traverse le vitrage ; le facteur solaire, souvent désigné par la lettre g, mesure la part d’énergie solaire transmise vers l’intérieur. Ces données ne sont pas des détails réservés aux bureaux d’études : elles conditionnent le confort ressenti en plein été.
Dans un établissement recevant du public, les choix de sécurité et de résistance du vitrage exigent aussi une attention spécifique. Le verre peut devoir être feuilleté selon son emplacement, notamment lorsque le risque de choc ou de chute est présent. La réglementation applicable dépend de la configuration, de l’accessibilité et de la nature exacte des parois. L’esthétique d’une grande transparence ne dispense jamais d’une conception rigoureuse ; elle la rend au contraire plus nécessaire.
Le passage comme scène quotidienne
Le jardin intérieur du concept store donne une valeur nouvelle à l’attente. Pendant qu’une couleur pose, il devient possible de regarder les matières d’un canapé, de comparer les proportions d’une lampe ou de s’attarder devant un miroir. À l’inverse, une personne venue pour le mobilier perçoit le salon de coiffure comme une scène douce, ponctuée de gestes précis. Cette porosité évite le sentiment d’être enfermé dans une expérience de vente linéaire.
Cette idée peut inspirer une rénovation domestique. Dans une maison de ville, par exemple, un ancien passage étroit entre cuisine et séjour peut devenir un espace de liaison avec une porte vitrée, une imposte ou une cloison vitrée sur soubassement. Le but n’est pas de supprimer toute séparation. Il s’agit de conserver les usages tout en laissant la lumière et les regards circuler. Les projets d’orientation, vitrage et confort lumineux rappellent combien l’orientation initiale du bâti doit guider ce type de choix.
Dans le lieu imaginé par Sarah Lavoine et David Lucas, le jardin ne résout donc pas uniquement une circulation. Il transforme la rencontre de deux métiers en expérience fluide, où la lumière devient un matériau d’architecture à part entière.
Le design intérieur de Sarah Lavoine : une écriture domestique adaptée à l’architecture commerciale
Le style de Sarah Lavoine se reconnaît moins à une recette qu’à une tension maîtrisée entre sophistication et décontraction. Les couleurs franches y rencontrent des matières souples, les lignes affirmées se tempèrent par des détails artisanaux, et le célèbre bleu associé à son univers agit comme un point de profondeur plutôt que comme un simple signe décoratif. À Bordeaux, cette écriture prend place dans un programme commercial sans perdre son caractère domestique.
L’enjeu était délicat. Dans un magasin, chaque élément peut devenir démonstratif : trop d’objets créent du bruit visuel, trop de mobilier fige la circulation, trop de couleurs réduisent la perception de l’espace. Le projet évite cette accumulation en traitant chaque zone comme une scène cohérente. Les tables basses, appliques, suspensions, lampadaires et tapis composent un décor vivant, sans donner l’impression d’un showroom standardisé.
Habiter le magasin plutôt que remplir une surface de vente
Le terme « appartement » revient souvent pour qualifier ce type d’aménagement, mais il mérite d’être précisé. Un appartement n’est pas un décor où les meubles seraient simplement disposés comme dans un catalogue. C’est un ensemble de relations : une lumière de lecture près d’une assise, une table accessible depuis un canapé, un miroir qui agrandit une perspective, un tapis qui rend une zone plus intime. Transposer cette logique dans une boutique change le rapport aux objets.
Le canapé Noa, l’applique Vadim, la lampe Bianca, la table basse Tokyo, le tapis Fez ou encore les miroirs Ovo, présentés dans les visuels d’époque, participaient ainsi à un récit d’ensemble. Leur présence permettait de comprendre les proportions, les reflets et les associations de matières. Un luminaire n’est jamais perçu de la même manière lorsqu’il éclaire une pièce réelle plutôt qu’un angle neutre de magasin. Une table basse gagne aussi à être observée à côté d’un fauteuil, dans une distance qui raconte son usage.
Cette approche du design intérieur est particulièrement précieuse pour les particuliers tentés par l’achat coup de cœur. Un bel objet ne suffit pas à structurer une pièce. Il faut mesurer l’espace, ménager des passages confortables, tenir compte de la hauteur sous plafond et observer l’évolution de la lumière. Une suspension très spectaculaire dans une pièce basse peut écraser le volume ; un miroir placé face à une baie peut démultiplier le jour, mais il peut aussi créer un éblouissement s’il renvoie directement le soleil vers une assise.
Le concept store bordelais met également en avant une autre qualité : la possibilité d’associer le raffinement à une forme de relâchement. Le mobilier n’est pas présenté comme intouchable. La décoration garde une part de mouvement, portée par les textiles, les accessoires et le contraste entre lignes contemporaines et clins d’œil plus classiques. C’est cette absence de solennité qui rend l’univers accueillant, même dans un quartier réputé pour son élégance.
Le miroir, outil de profondeur et objet de mise en scène
Les miroirs ont ici une fonction plus complexe qu’un simple effet décoratif. Dans un salon de coiffure, ils sont indispensables à la prestation. Dans une boutique de mobilier, ils reflètent les volumes, les matières et la lumière. Dans un passage étroit, ils peuvent produire une sensation d’ouverture. Réunis dans un même lieu, ils relient donc naturellement l’image de soi et l’image de la maison.
Leur implantation doit toutefois être pensée avec précision. Face à une fenêtre, un grand miroir peut amplifier la luminosité utile et prolonger une vue sur un jardin intérieur. Placé au mauvais endroit, il révèle surtout les zones de rangement ou crée des reflets inconfortables. La meilleure question n’est pas « où mettre un miroir pour agrandir ? », mais « quelle lumière, quelle vue ou quelle profondeur mérite d’être prolongée ? ».
Cette attention au cadre explique la permanence visuelle du projet. Il ne dépend pas d’une tendance passagère, même si ses codes ont marqué la décennie : il s’appuie sur des principes d’échelle, de lumière et de circulation qui restent justes. La boutique devient alors un terrain d’observation pour toute personne cherchant à rapprocher création et usage quotidien.
David Lucas et le salon-appartement : repenser l’expérience beauté dans un espace commercial
La présence de David Lucas donne au projet son relief le plus singulier. La coiffure n’est pas installée en annexe de la boutique, comme un service ajouté pour diversifier l’offre. Elle constitue l’autre moitié du lieu, avec son vocabulaire propre et son histoire. Le coiffeur avait déjà développé à Paris, à partir de 2010, l’idée du salon-appartement : un environnement où le soin du cheveu s’inscrit dans un cadre moins impersonnel que le salon traditionnel.
Cette formule a rencontré rapidement son public parce qu’elle répondait à une attente simple : être reçu dans un espace où le temps passé semble plus choisi. La coiffure impose une durée, entre diagnostic, coupe, soin, couleur et séchage. Au lieu de faire de cette durée une contrainte, le salon-appartement la transforme en moment d’attention. L’aménagement devient donc partie prenante de la qualité perçue.
Des fauteuils, des consoles et des miroirs au service d’un rituel
Dans l’adresse bordelaise, les consoles Le Roch, les miroirs Hector et les fauteuils Knoll participent à cette ambiance. Leur présence ne se réduit pas à une citation de design. Une console délimite un poste sans le fermer ; un fauteuil donne une posture et une sensation d’accueil ; un miroir organise la relation entre le professionnel, la personne coiffée et l’espace environnant. Chacun de ces éléments intervient dans le déroulé concret du rendez-vous.
Le choix d’un mobilier de qualité est particulièrement révélateur dans ce type de programme. Dans une maison, une assise peut être choisie pour la lecture ou la conversation. Dans un salon, elle doit aussi supporter des usages intensifs, faciliter l’entretien et préserver le confort pendant un temps prolongé. La beauté ne peut donc pas être dissociée de la résistance, de la stabilité et de l’ergonomie. L’architecture commerciale réussie fait disparaître cette complexité technique derrière une impression de simplicité.
La lumière est elle aussi déterminante pour la coiffure. Une couleur observée sous une lumière trop chaude ou insuffisamment homogène peut paraître différente une fois dehors. Les professionnels recherchent généralement un éclairage qui restitue les nuances avec justesse, sans ombres excessives ni éblouissement. La lumière naturelle, lorsqu’elle est disponible et maîtrisée, complète utilement cet éclairage ; elle ne doit cependant pas créer de contre-jour au niveau des miroirs.
Le concept store permet d’observer une harmonie rare entre l’acte de transformer son apparence et celui d’imaginer son intérieur. Dans les deux cas, il s’agit de proportions, de matière, de couleur et de lumière. Une coupe réussie modifie une silhouette comme une suspension bien placée modifie la lecture d’un séjour. La comparaison a ses limites, mais elle révèle une même recherche d’équilibre.
Une expérience qui anticipe les commerces hybrides
En 2018, le mélange des fonctions pouvait encore sembler audacieux à cette échelle. Depuis, les commerces hybrides se sont multipliés : librairies-cafés, ateliers-boutiques, hôtels-galeries, restaurants intégrant une sélection d’objets. L’adresse de la place des Quinconces reste pourtant intéressante parce qu’elle ne repose pas sur une animation artificielle. Les deux activités avaient chacune une légitimité propre avant leur rencontre.
Cette condition est essentielle. Pour qu’un lieu mixte fonctionne, il ne suffit pas d’additionner des prestations. Il faut identifier ce qui les relie dans l’expérience du public. Ici, la cohérence repose sur un imaginaire commun : un art de vivre chaleureux, une élégance non ostentatoire et une attention aux détails. L’unité ne vient pas d’un uniforme décoratif mais d’une même façon d’envisager l’accueil.
Les commerces qui s’inspirent de cette logique ont intérêt à commencer par les usages. Une personne peut-elle comprendre spontanément où elle entre ? Peut-elle patienter agréablement ? La lumière accompagne-t-elle le cheminement ? L’offre voisine enrichit-elle son expérience, ou la détourne-t-elle ? Ces questions concrètes valent davantage qu’une accumulation d’effets décoratifs. Le salon-appartement de David Lucas montre qu’un service peut devenir mémorable lorsque l’espace respecte réellement le temps de celles et ceux qui l’occupent.
Pourquoi ce concept store de Bordeaux reste une référence pour les projets de décoration et de création
Huit ans après sa présentation dans la presse, le projet Maison Sarah Lavoine x David Lucas garde une résonance particulière. Non parce qu’il faudrait en reproduire les couleurs ou le mobilier à l’identique, mais parce qu’il articule avec cohérence quatre dimensions souvent dissociées : la ville, l’architecture, le commerce et l’intimité. La place des Quinconces fournit le cadre monumental ; l’ancienne banque apporte ses volumes ; la verrière introduit une respiration ; les objets et les services donnent enfin au tout une présence quotidienne.
Cette cohérence aide à comprendre ce qu’est une identité spatiale solide. Elle ne consiste pas à décliner un style dans chaque détail jusqu’à l’épuisement. Elle repose sur des choix qui se répondent : une circulation fluide, des matières tactiles, une lumière travaillée, des vues intérieures et une programmation capable de faire vivre les murs. Les expositions organisées dans le lieu, à commencer par celles du photographe Nicolas Seurot, prolongent cette ambition en offrant aux cimaises une fonction culturelle.
Un lieu commercial qui laisse une place aux artistes
Accueillir des œuvres dans une boutique n’a de sens que si l’art n’est pas réduit à un fond décoratif. Ici, les photographies de Nicolas Seurot établissaient un dialogue avec les meubles, les murs et la lumière du lieu. Elles rappelaient que la création peut enrichir l’expérience commerciale sans devenir un argument promotionnel automatique. L’image installe une distance, un temps d’arrêt, parfois une émotion qui ne se mesure pas immédiatement en acte d’achat.
Cette présence artistique est particulièrement pertinente dans un espace conçu comme une maison ouverte. Dans l’habitat, une œuvre ou une photographie ne sert pas seulement à combler un mur. Elle peut fixer un axe de regard, révéler une couleur secondaire ou donner une profondeur à un espace très neutre. Dans une boutique, le principe est comparable : l’art crée des respirations entre les produits et évite que chaque surface ne soit assignée à la vente.
Les visiteurs qui souhaitent transposer ce sentiment chez eux peuvent s’inspirer de quelques repères concrets :
- Commencer par la lumière existante : observer les heures où une pièce reçoit le soleil avant de choisir couleurs, rideaux ou vitrages.
- Composer des zones plutôt que remplir l’espace : une assise, une source lumineuse et une petite table peuvent former un ensemble plus convaincant qu’un alignement de meubles.
- Soigner les seuils : une porte vitrée, une verrière ou un miroir bien placé peut rendre une circulation plus généreuse.
- Associer les matières avec retenue : le bois, le métal, le textile et le verre gagnent à être équilibrés plutôt qu’accumulés.
- Donner une fonction aux œuvres : choisir une photographie ou un dessin pour orienter le regard, non pour occuper une surface vide.
Ce que l’exemple bordelais apprend aux futurs projets
La première leçon porte sur le bâtiment existant. Réhabiliter une ancienne banque ne signifie pas effacer son histoire. Les grands volumes et le caractère institutionnel peuvent au contraire servir de contrepoint à une décoration plus chaleureuse. Dans les projets de rénovation, cette tension est souvent féconde : un mur ancien, une menuiserie contemporaine et une verrière légère peuvent produire un ensemble plus riche qu’une restitution uniforme.
La deuxième leçon concerne la transparence. Le verre ne doit pas être employé seulement pour son effet visuel. Lorsqu’il est placé entre deux univers, il rend perceptible une activité voisine sans imposer son bruit ou ses contraintes. Une cloison vitrée peut ainsi préserver la lumière tout en organisant les fonctions. Pour approfondir cette relation entre objet, volume et usage, l’analyse des liens entre créativité, design et architecture offre des repères utiles.
Enfin, le projet rappelle qu’une boutique éphémère, une adresse permanente ou un espace d’exposition doivent tous répondre à la même exigence : créer un lieu dans lequel on se repère sans effort. Même une boutique éphémère gagne à soigner son seuil, son éclairage, ses parcours et ses zones de pause. La temporalité courte ne justifie pas une scénographie négligée ; elle appelle au contraire des choix plus précis.
Pour les professionnels comme pour les particuliers, l’adresse bordelaise demeure ainsi une référence sensible : la qualité d’un intérieur naît moins de l’accumulation d’objets que de la relation patiente entre lumière, usages, matières et passages.
Où se trouve le concept store Maison Sarah Lavoine x David Lucas à Bordeaux ?
Le lieu a été installé au 3, place des Quinconces, dans le centre de Bordeaux et à proximité du Triangle d’Or.
Quelle est la surface de ce concept store bordelais ?
L’espace développe environ 460 m², répartis entre rez-de-chaussée et étage, avec un parcours conçu comme celui d’un grand appartement.
Pourquoi la verrière est-elle centrale dans ce projet ?
Le jardin intérieur sous verrière relie la boutique Maison Sarah Lavoine au salon David Lucas, apporte de la lumière naturelle et rend la circulation plus fluide entre les deux univers.
Que propose la Maison Sarah Lavoine dans cet espace ?
L’adresse réunit du mobilier, des luminaires, des objets de décoration, des éléments de design et une sélection de prêt-à-porter, dans une mise en scène pensée comme un intérieur habité.
En quoi le salon David Lucas se distingue-t-il d’un salon classique ?
Il reprend le principe du salon-appartement : un cadre plus domestique, composé de mobilier, de miroirs et de sources lumineuses travaillées pour faire du rendez-vous coiffure une expérience plus accueillante.
